Bâtir la confiance, Donner du sens au futur

Les Echos.fr 01/02/2016

Jean-Luc Fallou / Président de STRATORG Group et du Trust Management Institute

Affirmer la nécessité de la confiance au sein de l’entreprise est important, mais ne suffit pas. En effet, l’entreprise se situe dans un ensemble plus large de par ses relations avec des acteurs externes et de par sa situation dans un environnement culturel particulier. Néanmoins, ce qui est indispensable est de tout faire pour qu’elle se développe durablement dans les différents contextes.

Comment définir la confiance ?
Tout le monde cherche et désire la confiance. Encore faut-il savoir de quoi il s'agit. Pour moi, après avoir travaillé plus de 15 ans sur cette question, la confiance "c’est l'art d'abaisser les peurs, les inhibitions, les frottements humains et d'augmenter le niveau d'engagement".
La confiance donne aux hommes la capacité de réduire individuellement et collectivement la complexité par leur aptitude à s'engager en prenant le risque de ne pas tout savoir. Dans le monde économique et technologique de demain, la confiance sera le mode le plus efficace pour faire face à une triple complexité : économique, digitale et sociologique. La confiance devient d’ores et déjà un moteur de réussite, humaine et économique.


La confiance ne se décrète pas, elle se construit
La confiance ne se décrète pas, mais elle se construit, elle envisage l'erreur et le risque, elle fait appel à la conscience de deux parties en relation, elle mesure ses progrès et ses résultats. Elle se construit sur ses succès comme sur ses échecs.
Pour construire la confiance, il faut faire face à trois grandes difficultés :


- La confiance touche à l’intimité de l’individu
L’évoquer au sein de l’entreprise suscite des réactions allant d’une méfiance immédiate chez ceux qui y perçoivent des risques de manipulation à un enthousiasme exagéré chez d’autres qui la voient comme une recette magique pouvant résoudre tous les problèmes. Le premier travail à faire est de gérer les frustrations et les peurs susceptibles de surgir chez certains, mais également les attentes très fortes qui peuvent apparaître chez d’autres.
 
- La confiance n’est pas tangible et difficilement quantifiable
Un défi pour le dirigeant est d’évaluer justement le niveau de confiance au sein de son entreprise. Pour cela, il a besoin d’outils qui vont mesurer non seulement la situation existante au point de départ, mais également les progrès réalisés à chaque étape.


- La construction de la confiance exige de la constance
Pour atteindre une performance par la confiance, il faut accepter d’en prendre le temps sachant que seul un investissement dans la durée permet d’accomplir le travail de transformation en profondeur que cela implique.

Qu'en attendre ?
Pour les dirigeants inscrits dans leur époque, construire la confiance, ce n'est pas rentrer dans une nouvelle religion managériale ou un exercice complaisant, mais c'est faire leur métier : développer un avantage compétitif durable et inimitable, en créant entre les Hommes des "raccourcis" de relations qu'aucun processus ne saura jamais générer.
@TMI_Confiance